You will be redirected in 3 seconds

loading...
(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); Crise agricole: les marges des distributeurs dans le viseur du gouvernement - Algeria latest news

La fronde des agriculteurs rejaillit sur la grande distribution. Les ministres de l'Agriculture et de l'Économie ont accentué la pression sur les enseignes de distribution, vendredi, lors d'une réunion, à laquelle participaient aussi industriels et agriculteurs. «Il n'est pas acceptable que les négociations commerciales conduisent en 2016 à des baisses de prix pour les filières en difficulté», a déclaré Emmanuel Macron devant la presse, à la fin de la rencontre.

Les deux ministres ont tapé du poing sur la table pour essayer de casser l'engrenage qui s'est mis en place depuis plusieurs années: la grande distribution faisant pression pour que les industriels baissent leur prix et ceux-ci estimant qu'ils ne peuvent descendre leurs coûts qu'en payant moins cher leurmatière première aux agriculteurs. «Cette année, et après deux années de déflation continue des prix des produits alimentaires en grandes surfaces, les négociations commerciales (...) se déroulent dans une atmosphère délétère, sur fond de demandes de déflation exorbitantes et irresponsables de la part des quatre centrales d'achat», a en effet déploré l'association nationale des industries agroalimentaire (Ania) dans un communiqué.

C'est pourquoi le gouvernement a annoncé que les contrôles menés par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur les négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs, qui ont été renforcés de 70% par rapport à l'an dernier, continueront de l'être jusqu'à la fin février. Stéphane Le Foll et Emmanuel Macron ont en outre demandé aux différents acteurs de «faire des propositions concrètes» pour faire évoluer le cadre des négociations commerciales. Cela pourrait notamment passer par la contractualisation «pour mettre plus de transparence et éviter que les marges ne soient captées par untel ou untel», a expliqué le ministre de l'Économie, qui a assuré qu'un point d'étape serait prévu d'ici à la mi-mars.

Contrat tripartite

Dès vendredi, le distributeur Auchan a annoncé la mise en place d'un contrat tripartite, qui associera plusieurs producteurs de porc du Nord-Pas-de-Calais aux discussions avec les industriels pour fixer les prix des produits. Mais la contractualisation ne fait pas l'unanimité. «C'est quelque part devenir des sous-traitants de la grande distribution et nous ne le voulons pas», a déclaré le président de l'Ania, Jean-Philippe Girard. De son côté, le secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau, a prévenu que «les agriculteurs attendent des résultats». Stéphane Le Foll a également lancé un travail avec FranceAgriMer «pour réviser les critères de fixation des prix» au niveau notamment du lait et du porc.

Les agriculteurs attendent des résultats

Les représentants de la grande distribution avaient déjà été reçus lundi par le premier ministre, Manuel Valls, pour évoquer ces négociations annuelles qui pèsent par ricochet sur les prix agricoles. Et jeudi c'est le président de la République François Hollande qui est intervenu pour promettre «une nouvelle baisse des cotisations sociales, tout de suite, pour l'ensemble des agriculteurs».

La réunion de vendredi se voulait un signe d'apaisement envers des agriculteurs à bout, qui multiplient les actions sur le terrain. Depuis début janvier, les agriculteurs se mobilisent sur tout le territoire français pour réclamer diverses mesures. Certains ont ainsi déversé vendredi soir du fumier devant la permanence de Barbara Pompili, fraîchement nommée secrétaire d'État chargée de la biodiversité dans le nouveau gouvernement, à Amiens. D'autres actions ont visé la grande distribution, ainsi que plusieurs élus.

Tag(s) : #Section Française

Partager cet article

Repost0