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(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); La manifestation de Pegida maintenue à Calais, malgré l'interdiction - Algeria latest news

Les autorités craignent des débordements samedi lors de la marche du mouvement d'extrême droite contre la présence des migrants. Le général Christian Piquemal, qui a commandé la légion étrangère de 1994 à 1999, fera partie du cortège.

Malgré l'interdiction préfectorale décidée par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, le mouvement d'extrême droite Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident (Pegida) est déterminé à maintenir samedi sa manifestation à Calais contre la présence des migrants. Et ce malgré les sanctions pénales encourues. Par crainte des débordements et pour «veiller à faire appliquer l'arrêté préfectoral», un important dispositif de sécurité a été prévu, indique la préfecture du Pas-de-Calais.

Dans leur déclaration de manifestation, les organisateurs de Pegida avaient annoncé 800 à 1000 personnes. Avec un manifestant de marque, inattendu, qui fait la joie du mouvement: le général de Corps d'Armée Christian Piquemal, combattant d'élite qui a commandé la légion étrangère de 1994 à 1999 et a longtemps présidé l'Union nationale des parachutistes (UNP). Il a rédigé un communiqué annonçant sa venue à Calais, révolté par l'interdiction préfectorale. «Nous maintenons notre participation, apolitique, qui se fera dans l'ordre, le calme et la discipline des “vieilles troupes” ; j'y serai présent physiquement, martèle le militaire en retraite. Il y aura dans nos rangs des personnes vulnérables (femmes, enfants, personnes âgées et/ou handicapées) et il n'est donc pas question, à aucun moment, de se confronter aux forces de l'ordre autrement qu'amicalement: des consignes précises ont été données et un personnel de sécurité veillera à leur application. C'est donc confiant dans le futur déroulement de notre action que j'invite tous les Patriotes et associations patriotiques à se joindre à nous». Pour la plus grande satisfaction de Pegida: «Que fera le Préfet, va-t-il envoyer de la lacrymo sur un général en retraite, et pas n'importe lequel?», interroge Loïc Perdriel, qui dirige la branche de Pegida en France.

«Vu le ras-le-bol général, tôt ou tard ça finira très mal et je pense que tout le monde en est conscient»

Proportionnel aux risques de débordements, l'arrêté préfectoral a pris une interdiction de large amplitude: sur les horaires, de samedi 9 heures à dimanche 9 heures, sur plusieurs communes de la région (Sangatte, Coquelles, Frethun, Coulogne et Marck-en-Calaisis), et sur «tout autre rassemblement ayant trait à la situation migratoire à Calais». Qu'importe pour Pegida, qui «veut venir pour dénoncer à Calais l'invasion qu'on subit tous les jours, les agressions, le caillassage, le vol et j'en passe», a déclaré Loïc Perdriel dans la presse. «Ça empire chaque jour, ajoute-t-il, et ce n'est pas près de s'arrêter. Vu la colère du peuple, le ras-le-bol général des gens, tôt ou tard ça finira très mal et je pense que tout le monde en est conscient». Pour lui, Pegida devait «absolument arriver en France» car «le combat contre l'islamisation est (...) la chose la plus importante aujourd'hui, on voit que les mosquées poussent comme des champignons, financées par l'État».

Né en Allemagne, Pediga a une branche française depuis janvier 2015. Lancée par l'idéologue d'extrême-droite Renaud Camus, elle est aujourd'hui dirigée par Loïc Perdriel, qui milite pour le renvoi immédiat de tous les migrants, «même si leur pays est en guerre». Ce mouvement anti-islam a été créé en octobre 2014 par l'Allemand Lutz Bachmann, ancien délinquant condamné pour braquages et trafic de drogue. L'organisation politique prône la lutte contre «l'islamisation de l'Occident» et le désir de «préservation et de protection de l'identité allemande». Outre-Rhin, les manifestations de Pegida ont attiré plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la ville de Dresde. Mais elles ont aussi lieu tous les lundis soirs à Cologne, Düsseldorf, Bochum, Munich, Wurtzbourg, Rostock, ou encore Bonn, copiant le mode d'action utilisé avant la chute du mur de Berlin.

Plusieurs actions en France

Dans l'Hexagone, avant sa volonté de manifester ce samedi à Calais, la section française de Pegida a déjà organisé plusieurs actions sur le territoire. Une première manifestation avait eu lieu le 8 novembre dernier à Calais, sans interdiction de la préfecture. Elle avait réuni une centaine de manifestants autour d'autres groupuscules de l'ultra-droite pour dire «Nous ne donnerons pas les clés de Calais» aux migrants. À son issue, le Parquet avait ouvert une enquête, après qu'un livre du Coran eut failli être brûlé.

Pegida avait aussi tenté de tenir un rassemblement le 18 janvier 2015, après les attentats, place de la Bourse à Paris. Mais la préfecture de police l'avait interdit, contraignant les organisateurs et manifestants à tenir une conférence de presse dans la discrétion d'un hôtel près de l'Opéra. Le service de sécurité était assuré par des adhérents du Bloc identitaire, groupuscule d'extrême-droite créé après la dissolution d'Unité radicale, dont l'un des membres avait tenté de tirer sur Jacques Chirac en 2002. À cette conférence, Melanie Dittmer était venue en invitée vedette. Représentante du mouvement allemand Pediga, la jeune femme de 36 ans arborait un gilet pare-balles avec un badge «Je suis Charlie Martel».

Tag(s) : #Section Française

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