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(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); Le FRR en fin de vie… - Algeria latest news

Fortement sollicité et chichement alimenté, faute de ressources pétrolières suffisantes, le fameux Fonds de régulation des recettes (FRR) entame désormais le stade final de son épuisement.

Grande innovation financière du début des années 2000, ou présenté comme tel, en tout cas, par ses incitateurs, il devrait finir de complètement s’assécher dans moins d’un an, selon les scenarii les moins alarmistes. D’où, pour certains observateurs, l’empressement soudain du gouvernement à quêter de nouvelles sources de financement, en envisageant notamment de solliciter l’épargne domestique, à travers l’émission d’un emprunt souverain.

Quoi qu’il en soit, la réalité de l’assèchement de l’épargne de l’Etat est d’autant plus évidente que même les intentions de retour à l’endettement extérieur ne sont désormais plus un tabou. Plus cruelle que le prévoyaient les projections initiales de l’année dernière, la chute brutale des cours pétroliers semble rapprocher le pays, chaque jour un peu plus, de toutes les échéances fatidiques de la crise… Aussi bien de l’effondrement total des réserves officielles de change que du tarissement définitif de cette fameuse cagnotte qu’est le FRR, qui servait jusque-là à combler les trous abyssaux du Trésor.

Avec un prix moyen du pétrole à 45 dollars le baril — ce qui reste encore trop aléatoire — le solde dudit Fonds, qui a bouclé 2015 à plus de 3000 milliards de dinars, devrait se contracter à près de 1800 milliards de dinars à la fin de l’exercice en cours, selon les prévisions établies dans la loi de finances en vigueur. Un document de politique budgétaire qui tient compte, faut-il le préciser, de projections économiques établies avant l’épisode actuel d’érosion des cours du brut sous la barre des 40 dollars. Il y est du reste indiqué que la chute sévère des avoirs du FRR est liée, d’une part, «à la réduction importante de la plus-value attendu en 2016», soit 519,3 milliards de dinars, et d’autre part au «montant prévisionnel à prélever pour financer le déficit du Trésor pour le même exercice», soit plus de 1800 milliards de dinars.

Des prévisions rendues désormais caduques par plusieurs mois de dévissage des cours pétroliers à des niveaux de baisse inattendus de près de 70% comparativement à la conjoncture d’avant la crise. Comment le pays en est-il arrivé là ? Un fonds enrichi sur plus d’une décennie, conçu pour prémunir le pays contre les chocs externes et qui s’effondre lui-même en moins de deux ans, sous l’effet d’un premier véritable choc externe… Concepteur reconnu du FRR, à l’époque où il était ministre des Finances au début des années 2000, Abdellatif Benachenhou fournit quelques éléments de réponse dans son dernier ouvrage intitulé L’Algérie : sortir de la crise.

«L’avenir du FRR, écrit-il ainsi, est désormais moins clair» et «il y a de fortes chances que dans la nouvelle conjoncture pétrolière, ses ressources vont rapidement s’épuiser».Parmi les enjeux ayant guidé la création de ce Fonds, rappelle-t-il, il y a celui de «stabiliser la dépense publique à un niveau raisonnable et freiner la boulimie de dépenses qui s’empare du corps social dès que les revenus extérieurs augmentent». Et d’en déplorer l’usage et la gestion ces dernières années en expliquant que sans plafond fixé aux tirages opérés sur ses ressources, le Fonds perdait «tout son sens», alors que le déficit budgétaire devait à la base être financé par des ressources de marché…

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