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(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); Le témoignage de l'ancien employeur de Reda Kriket - Algeria latest news

La garde à vue du trentenaire suspecté d'avoir participé à un projet d'attentat a été prolongée mardi. Au début des années 2000, il avait travaillé dans un commerce en région parisienne. Le gérant se souvient d'un employé irréprochable, condamné pour des faits de délinquance mais ne montrant aucun signe de radicalisation.

«J'ai l'impression que c'est comme tous les autres: on ne voit rien venir.» Sylvain* a beau être très surpris, il sait bien que c'est souvent comme ça: rien ne laisse présager qu'une personne qu'on côtoie finira par rejoindre des réseaux djihadistes. Gérant d'un commerce en région parisienne, il a failli tomber de sa chaise, samedi, en ouvrant Le Parisien. Le nom d'un de ses anciens employés s'étale en une: Reda Kriket. Ce trentenaire originaire de Courbevoie (Hauts-de-Seine) a été arrêté, vendredi, à Boulogne-Billancourt. Principal suspect dans l'enquête sur un projet d'attentat déjoué en France, sa garde à vue a été prolongée, mardi, pour 24 heures supplémentaires.

Reda Kriket a rejoint la société de Sylvain au début des années 2000. «Je l'ai recruté par l'ANPE», raconte le gérant, contacté par Le Figaro. Le jeune homme, alors 'gé de moins de vingt ans, était inscrit à l'agence de recherche d'emploi, aujourd'hui intégrée à Pôle emploi. Il rejoint le commerce pour aider en arrière-boutique. L'employé restera environ deux ans dans la société. «Je n'avais strictement rien à lui reprocher», insiste Sylvain. «Toujours à l'heure, très souriant, il n'y avait absolument aucun problème avec lui.»

Irréprochable dans son travail, le jeune homme semble l'être un peu moins à l'extérieur. «Je voyais bien qu'il magouillait», raconte sans détour le responsable. «C'était évident qu'avec le salaire que je lui donnais, de 600 ou 700€, il ne pouvait pas s'acheter les vêtements de marque qu'il portait tous les jours.» Le gérant ne s'en mêle pas, n'ayant rien à reprocher à son salarié d'un point de vue professionnel.

Ce qui relevait de l'a priori sera confirmé au bout de plusieurs mois: Reda Kriket est arrêté et incarcéré. Le gérant voit les policiers débarquer dans son commerce. «Il a été arrêté pour un trafic de faux billets. Les flics sont venus me voir pour ça, ils m'ont posé des questions à ce sujet», détaille Sylvain. L'employé écope d'une peine de prison, qui dure «cinq ou six mois».

À sa sortie, ce n'est pas lui, mais son père, qui vient frapper à la porte du commerce. «Il m'a demandé de reprendre son fils pour lui permettre de retrouver un travail», précise Sylvain. «Moi, je n'avais rien à lui reprocher, donc je l'ai repris.» Exactement comme c'était le cas avant son séjour en prison, Reda Kriket est serviable et efficace dans son travail. Jusqu'à ce qu'«un mois ou un mois et demi» après son retour, il se volatilise. «Du jour au lendemain, je n'ai plus eu de nouvelles», se souvient Sylvain.

Le gérant tente de contacter le père du jeune homme. Sans succès. Pour se prémunir de toute poursuite sur le plan juridique, le gérant adresse plusieurs lettre recommandées à Reda Kriket, là encore sans effet. «J'en étais à me demander s'il n'avait pas changé d'adresse.» Il ne recevra plus aucun signe de vie du jeune homme. Jusqu'à ce que, samedi, son visage apparaisse dans le journal. Plusieurs années après, il reste légalement comptabilisé dans les effectifs de son entreprise, n'ayant pas perçu son solde.

On ne connaît pas le détail des activités de Reda Kriket après cette période. D'après Le Parisien, Reda Kriket serait progressivement devenu un «voyou dangereux», selon un avocat l'ayant côtoyé. Il aurait notamment participé à une expédition punitive particulièrement violente à l''ge de 21 ans, pour laquelle il sera condamné à cinq ans de prison. Il aurait quitté la France en 2011 pour échapper à la justice. Direction: la Belgique.

La période précise de son basculement dans les réseaux djihadistes n'est pas claire. Son nom aurait émergé en 2013, toujours selon Le Parisien, dans l'un des dossiers les plus importants de filières de recrutement de djihadistes en Belgique. Il aurait pour cela été condamné par contumace à dix ans de prison en Belgique. Depuis le 15 janvier dernier, Reda Kriket, aujourd'hui 'gé de 34 ans, faisait l'objet d'une fiche de recherche diffusée à tous les services de police. Il y était décrit comme extrêmement dangereux.

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