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(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); Réfugiés : les Vingt-Huit veulent rogner les ambitions de la Turquie - Algeria latest news

Le terrain est défriché, mais le rendez-vous avec Ahmet Davutoglu s'annonce plus difficile que prévu. Quatre heures de huis clos ont confirmé cette nuit l'appétit des Européens pour un accord qui permettrait de stopper l'exode en mer Égée et de renvoyer les nouveaux arrivants. Mais les Vingt-Huit, soucieux des apparences et du respect des règles, ont aussi réduit les compensations qu'ils sont prêts à offrir à la Turquie.

Le premier ministre Davutoglu, attendu pour poser sa signature au bas du contrat, risque de rester sur sa faim sur au moins deux concessions annoncées par les Européens. La fin de visas imposés aux Turcs qui viennent en Europe pour moins de 90 jours reste officiellement programmée pour la fin juin. Mais elle est désormais strictement liée au respect d'une longue série de préalables techniques et politiques qu'Ankara à peu de chance de remplir dans les quatre mois. «Tous devront être respectés», insiste François Hollande.

L'ordre du jour bousculé

Pour le président Recep Tayyip Erdogan, une autre question d'amour-propre est la relance de la procédure d'adhésion à l'UE, en panne depuis plusieurs années. L'Europe agite le scénario d'un déblocage depuis plusieurs mois. Mais il suscite de sérieuses objections. Chypre redoute que l'intrusion turque dans le jeu européen, même indirecte, pèse rapidement sur son avenir. Le président Nicos Anastasiades a confirmé cette nuit qu'il pourrait opposer son véto au pacte Merkel-Davutoglu tout entier.

La multiplication de ces «lignes rouges», conjuguées à d'autres susceptibilités nationales, a empêché les Européens de s'accorder sur un texte à soumettre aujourd'hui au négociateur turc. Il s'agira plutôt de lui soumettre une série de propositions. «Il n'y a pas de document approuvé du côté européen, confirme Angela Merkel. Le climat est constructif, nous sommes tous en faveur d'un accord avec la Turquie. Mais la négociation (avec Ankara) ne sera pas facile».

«Avec la Turquie, on ne peut jamais garantir une solution heureuse»

L'ordre du jour s'en trouve bousculé. Ce vendredi matin, le premier ministre Davutoglu rencontrera non pas les 28 chefs d'État et de gouvernement, mais trois intermédiaires chargés de déminer le terrain: Donald Tusk, président du Conseil européen, Jean-Claude Juncker, patron de la commission et Mark Rutte, le premier ministre néerlandais (son pays assure la présidence tournante de l'Union européenne). C'est plus tard, en fonction des progrès, que tout le monde se retrouvera autour d'une même table, sans doute l'après-midi. Cette nuit, François Hollande affichait sa prudence: «Avec la Turquie, on ne peut jamais garantir une solution heureuse».

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